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Didactique

Psycho-teacher, qu’est-ce que c’est ?

On parle souvent de didactique, de diverses didactiques propres à chaque matière de cours. La question semble particulièrement complexe à aborder, pourtant ce n’est pas le cas ! La didactique est la transmission systématisée d’un objet d’apprentissage. La didactique moderne des langues est une action aux ancrages multiples. Les ancrages principaux sont au nombre de trois : les objectifs, le public et les activités.

Les objectifs que les enseignants veulent atteindre pendant le cours sont le plus souvent exprimés en termes de compétences. L’étudiant n’apprend pas à partir de zéro mais base ses nouvelles compétences sur d’autres compétences, préexistantes ; l’enseignant doit localiser et exploiter ces premières compétences. Ainsi, par exemple, l’enseignant ne devrait pas, contraint par l’habitus éducatif, traduire chaque mot du texte exploité en classe ou donner des listes de nouveaux mots à étudier par cœur, quand l’apprenant peut effectuer lui-même le travail du décodage linguistiques et apprendre seul. Un enseignement moderne des langues repose précisément sur ce principe : le meilleur enseignant est l’élève lui-même.
Les compétences à développer peuvent être actionnelles (et constituent alors des objectifs généraux) ou communicatives (objectifs plus spécifiques). Les objectifs généraux sont tout ce qui contribue à réaliser une intention sociale comme, par exemple, participer à un concours et le gagner. Les objectifs spécifiques sont l’ensemble des compétences de pure communication mises en œuvre pour réaliser l’objectif général, objectif dont la poursuite donne leur sens aux activités d’apprentissage.

Un grand nombre de compétences de communication seront développées : ce sont essentiellement les compétences sociolinguistiques, linguistiques et pragmatiques. Dans le cadre de la poursuite de l’objectif général exprimé en termes de compétences actionnelles, d’intentions sociales, l’apprenant apprend à adapter son discours aux diverses circonstances de communication (cf. SPEAKING de Hymes), apprend à apprendre, apprend l’orthographe, l’orthoépie, la morphologie, la sémantique.

Le public cible, quant à lui, est rarement homogène : les élèves ne sont pas tous aux mêmes niveaux de compétence linguistique et sociolinguistique. Ils sont des existences indépendantes, des personnes aux intérêts différents, appartenant à des classes sociales différentes et ayant été exposés à différents types de culture. L’enseignant doit adapter son cours, non pas en fonction d’une représentation « moyenne » qu’il aurait de la diversité de son public, ni en choisissant de travailler uniquement avec les meilleurs, mais en concevant sa leçon de manière à ce que tous les élèves bénéficient au maximum de son concours.

Passons aux activités d’apprentissage : elles doivent être sociales vraisemblables, réalistes, probables. Les documents sur lesquelles elles se basent seront authentiques. En d’autres termes, la motivation devra être sociale et non scolaire : ainsi, par exemple, les élèves participeront à un concours annoncé dans un magazine réel et non à un concours issu d’un journal scolaire inexistant. Pour cette raison, le document d’exploitation devra toujours être puisé dans la vie réelle et non dans un vieux manuel, devra être utilisé dans le respect de leur fonction sociale première.

Ces propos nous aident à comprendre quel type d’objectif doit servir une leçon, dans quel processus exact s’engagera un élève pour apprendre à mieux répondre aux défis proposés – dans des conditions réelles, dès la phase d’apprentissage – et pour développer corollairement sa compétence de communication en langue étrangère.

PS

Cet article a été rédigé par Christophoros THEODOULOU, étudiant de troisième année de Licence au Département de Langue et Littérature françaises de l’Université Aristote de Thessalonique

L'auteur de cet article

Christophoros THEODOULOU