Le verlan - Image d'illustration

LINGUISTIQUE

Le verlan

En inscrivant « verlan » dans la boîte de saisie de http://www.google.com, j’ai rassemblé et je vous livre quelques infos sympas sur l’envers du verlan ;o)

À l’origine, le verlan est un langage secret utilisé par des bandes de jeunes dans les banlieues de grandes villes françaises.
La traduction de mots français en verlan ne consiste pas en une simple inversion de syllabes : il faut que le mot « sonne » bien à l’oreille de celui qui le produit ou de celui qui l’entend. Il y a en gros trois « règles » de formation :

- simple inversion : branché > chébran, pourris > ripoux, tomber > béton
inversion et rajout d’un autre son : mec > keumé, soeur > reusda, reusdé

- suppression de la voyelle finale d’ un mot déjà inversé : mec > keum, père > reup

Jourbon les keumés !

Notons qu’une voyelle originale est souvent transformée pour des raisons euphoniques : sac > keus.

Lorsqu’un mot en verlan passe dans les autres couches de la société, il perd son caractère révolutionnaire. Il faut donc le réencoder, le « reverlaniser » pour le rendre à nouveau incompréhensible par les « bourgeois » ou la police : arabe > beur > reub. La prononciation beur était utilisée dans les années 80. Aujourd’hui on dit plutôt reub ou reube au féminin. Ces mots n’ont aucune valeur péjorative en verlan.

Certains mots en verlan peuvent aussi être prononcés différemment selon le quartier d’où l’on vient, la bande à laquelle on appartient : comme ça > kommak ou kommas ou sakome.

PS

Paru dans la revue mensuelle de la Panhellenic Federation of Language School Owners (PALSO) en mai 2003.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique