Comment va le français ?  - Image d'illustration

MARCHÉ DES LANGUES

Comment va le français ?

J’ai découvert par hasard sur le site de la Mission Laïque Française (http://www.mission-laique.asso.fr/reseaux/etablissement/greceift/) cette assertion inquiétante :

Aujourd’hui les activités qu’englobe l’Institut Français peuvent être décomposées en quatre grands secteurs : – l’enseignement du français langue étrangère qui constitue encore le pôle d’activités principal par le nombre des étudiants ; […]

Cet « encore » alarmiste et une recherche bien menée m’ont conduit quelques instants plus tard à une page-web plus pessimiste encore :

Ministère de dépôt : Affaires étrangères
Question écrite Nº 33736 du 14/06/2001 page 1959 avec réponse posée par TRÉGOUËT (René) du groupe RPR.

M. René Trégouët rappelle à l’attention de M. le ministre des affaires étrangères la manifestation de professeurs grecs enseignant le français à l’institut français d’Athènes, devant l’ambassade de France début juin dernier. Ils protestaient contre le plan de fermeture des annexes de cet institut. Ces enseignants ont demandé au Premier ministre français son « assistance Assistance Aide afin que les enseignants grecs soient dignement traités par la France ». Peut-il nous rassurer sur ce point ? D’autre part, l’enseignement du français en Grèce va-t-il disparaître ou bien ce plan de fermeture sera-t-il contrebalancé par d’autres initiatives françaises ?

Ministère de réponse : Affaires étrangères - Publiée dans le JO Sénat du 09/08/2001 page 2593.

Le resserrement des effectifs de l’Institut français d’Athènes (IFA), et principalement ceux des personnels enseignants, a été rendu inéluctable par la constante et rapide baisse de fréquentation des cours de langue proposés par l’établissement et ses annexes de province, les inscriptions étant passées de plus de 23 000 à moins de 4 000 en dix ans. Les causes de cette désaffection sont diverses mais tiennent particulièrement à la libéralisation du marché des cours de langues. La mission de l’IFA a donc dû être revue, ainsi que son organisation. A chaque étape du difficile mais inévitable plan de reconfiguration mis en oeuvre, le ministère des affaires étrangères veille prioritairement à sa dimension humaine. Ainsi les compensations financières que perçoivent les agents dont l’Institut est contraint de se séparer excèdent de beaucoup les obligations prévues par la législation locale. Elles représenteront pour 2001 plus de million et demi d’euros. L’Institut français d’Athènes privilégiera, à moyens budgétaires inchangés, ses missions essentielles que sont la coopération universitaire et la diffusion de la culture vivante.

Sonnerait-on l’hallali pour l’enseignement du français en Grèce ? Je m’en étonne puisque la population des apprenants qui ont immédiatement besoin d’acquérir des compétences de communication en langue française pour des raisons professionnelles explose. Peut-être les enseignants ne sont-ils tout simplement pas encore prêts à répondre à cette nouvelle demande ?

Le fait que ce diplôme « PALSO-supérieur » qui attesterait des compétences de communication dans un contexte justement professionnel ou d’études internationales n’ait toujours pas vu le jour ne les aide évidemment pas. Si ces enseignants du FLE tardent à ouvrir les portes de leurs écoles de langues à ce nouveau créneau des jeunes adultes, c’est peut-être parce que les formations qu’ils leur vendraient ne seraient sanctionnées par aucune certification.

PS

Paru dans la revue mensuelle de la Panhellenic Federation of Language School Owners (PALSO) en mars 2002.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique