20042. Concours ΑΣΕΠ - 2004 - Ερώτημα 2ο - Image d'illustration

Concours ΑΣΕΠ - 2004 - Ερώτημα 2ο

ΕΡΩΤΗΜΑ 2ο
La revue Le Français dans le Monde vous demande d’écrire un article sur la politique linguistique de la Grèce concernant l’enseignement du FLE dans les écoles publiques.
En vous inspirant du texte de Jean Duverger, essayez de rédiger cet article. Pour ce faire, vous devriez
- vous référer aux grandes étapes de l’enseignement du FLE en Grèce,
- formuler des hypothèses (au moins deux) pour décrire la situation actuelle de l’enseignement du FLE en Grèce et pour expliquer la régression du français dans l’enseignement secondaire,
- mentionner certains programmes européens qui ont permis la réalisation de projets favorisant l’enseignement des langues étrangères en Grèce.

ENSEIGNEMENT BILINGUE
ET EN FRANCE ? QUEL ENSEIGNEMENT BILINGUE ?

Utiliser une langue étrangère en classe comme outil de communication et d’apprentissage de matières scolaires traditionnelles (ce qui caractérise fondamentalement l’enseignement bilingue) ne va pas de soi au sein de l’école publique française. Bien que la France ait été, pendant très longtemps, un pays multilingue, chacun sait bien, en effet, que, pendant les derniers siècles, une longue tradition centralisatrice (…) avait fait de la France un pays très officiellement monolingue, défendant le principe d’une langue unique d’apprentissage à l’école.

Des premiers essais, limités et bien timides
Les sections internationales

Dans l’enseignement public, les premières sections bilingues officielles sont apparues vers le début des années 1970, sous la dénomination de sections internationales. Ces sections, qui concernent environ 10 000 élèves, existent toujours dans une vingtaine de collèges et lycées, mais leurs règles de fonctionnement en limitent singulièrement le développement ; pour ouvrir, en effet, ces sections doivent accueillir entre 25 et 50% d’élèves étrangers parlant la langue de la section et, de surcroît, l’équipe pédagogique doit obligatoirement être mixte, des enseignants du pays de la langue de cette section (au moins en histoire, géographie et littérature) devant se joindre aux enseignants français.

(…) De telles sections sont ouvertes dans treize langues : allemand, anglais, américain, arabe, danois, espagnol, italien, japonais, néerlandais, norvégien, polonais, portugais et suédois. Elles existent dans les grandes villes où séjournent des cadres internationaux (…) et surtout au lycée international de Saint-Germain-en-Laye, qui se trouve être le seul à pouvoir proposer des sections dans les treize langues évoquées.

Les résultats scolaires de ces établissements sont généralement bons, mais, compte tenu du recrutement bien spécifique des élèves et de l’impossibilité statutaire de généraliser ce Σελίδα 2 από 12 dispositif au sein d’autres populations scolaires, on ne peut guère en conclure que le seul critère « enseignement bilingue » est déterminant pour expliquer les bons résultats… On peut simplement dire que, globalement, les élèves de ces sections sont de bons bilingues, qu’ils ne semblent pas souffrir de ce bilinguisme scolaire imposé, rompant ainsi avec une certaine idée dominante du début du XXe siècle selon laquelle un enseignement en deux langues pouvait avoir des effets négatifs au niveau du développement intellectuel. (…)

Et puis enfin, les sections européennes…

C’est en 1992 qu’une simple circulaire annonce la création de « sections européennes et orientales », avec pour ambition de « favoriser la formation du plus grand nombre d’élèves à un niveau proche du bilinguisme, assorti d’une connaissance approfondie de la culture des pays étrangers ». Plus de dix ans plus tard, ces sections sont bien en place, il en existe plus de 3000 en France, et un séminaire officiel récent a pu en faire un bilan plutôt satisfaisant.

Ces sections démarrent en principe au niveau de la 4e des collèges par un renforcement de l’enseignement de la langue choisie (cinq heures par semaine au lieu de trois) mais ce n’est qu’à partir de la classe de Seconde que cette langue devient partiellement langue d’apprentissage pour une ou plusieurs disciplines non linguistiques (par exemple l’histoire, la géographie, la biologie, les mathématiques…).

Les sections européennes sont originales et intéressantes à plus d’un titre : elles sont toujours créées à partir d’initiatives des établissements scolaires, elles concernent non seulement l’enseignement général mais aussi les lycées professionnels (une centaine environ) et la diversité des langues utilisées, sans être complètement satisfaisante, est tout de même davantage en accord avec les exigences d’une Europe multilingue et multiculturelle dont chaque pays membre admet la nécessité : l’anglais en effet est langue de la section dans environ 50% des cas, mais on y trouve aussi une dizaine d’autres langues, parmi lesquelles l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais, l’arabe, etc.

Suite au bilan positif, le précédent ministre français de l’éducation souhaitait donner un élan supplémentaire à ce dispositif, dans la perspective de le généraliser, mais le changement de gouvernement a porté un coup d’arrêt à cet élan.

Des progrès, mais il reste beaucoup à faire.

La politique linguistique de la France est donc à nouveau hésitante, même si, indiscutablement, depuis une dizaine d’années, le paysage a changé en matière d’enseignement bilingue.

Malgré des résistances de toutes natures (idéologiques, identitaires ou corporatistes), (…) des expérimentations d’enseignement bilingue sont mises en oeuvre ici ou là : ainsi dans certaines écoles privées comme « l’École active bilingue » ou dans les écoles associatives comme Diwan en Bretagne, les Calendrettes en Occitanie, etc.

Dans la même perspective, les programmes européens expérimentés dans les classes tels que Galatea, Eurom4 ou Evlang montrent que la recherche pédagogique se met en place (…)

Une certaine dynamique est donc en marche, mais il reste beaucoup à faire, et des dérives sont toujours possibles. Il s’agit en effet de généraliser cet enseignement en deux/plusieurs langues dans le système éducatif, afin de viser le développement chez les élèves de ces compétences plurilingues rendues chaque jour plus nécessaires au regard de la multiplication des échanges ; il s’agit de développer chez eux une réelle « éducation linguistique », aussi importante que peuvent l’être les éducations physique, musicale, artistique, civique, etc. Les dispositifs peuvent varier selon les âges, les lieux, les langues, les ressources, mais il s’agira toujours d’utiliser ces langues pour agir, travailler, apprendre, donc dans une logique d’activité bilingue… Il s’agit dès lors de populariser cet enseignement et d’en montrer, au-delà des bénéfices linguistiques, les bénéfices culturels et cognitifs ; il s’agit, par conséquent, d’entamer - tâche considérable - des formations de professeurs dans cette perspective…

Quant aux dérives, on les connaît, et les instances européennes (tant l’Union européenne que le Conseil de l’Europe) ne cessent de les rappeler : il s’agit d’éviter l’hégémonie d’une seule langue, l’anglo-américain (…). Le respect des peuples, la diversité déclarée des cultures et des langues s’accommodent mal de l’imposition - de fait ou de droit - de la langue du dominant. Dans un monde en pleine turbulence, les politiques linguistiques ne sont pas innocentes.

Jean Duverger
Le Français dans le Monde, mars-avril 2005 – n° 338

 

Proposition de réponse


 

L’AVENIR DU FRANÇAIS EST-IL ENTRE LES SEULES MAINS DES POLITICIENS ?

Il y a quelques dizaines d’années encore, l’apprentissage et la connaissance du français constituaient des marques de prestige comme aussi d’ailleurs le fait de jouer du piano ou de faire de la danse classique. De nos jours, on n’apprend plus le français pour ces raisons de prestige ou par amour de la langue mais plutôt pour répondre à des besoins de communication précis, le plus souvent professionnels.

Aujourd’hui, on constate notamment une concurrence entre les langues française et allemande. On peut se demander si certains élèves ne sont pas influencés par des parents revenus d’une longue émigration en Allemagne.
Une autre explication ne serait-elle pas tout simplement que les autorités francophones ne font pas tout ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir l’apprentissage du français. ?

Heureusement, des programmes communautaires comme les programmes Comenius et Socrates, qui favorisent la mobilité des jeunes en Europe, font prendre conscience aux élèves et aux étudiants des besoins de communication que peut servir l’apprentissage des langues étrangères.

C’est donc aussi, à nous enseignants et promoteurs potentiels des projets que ces programmes encouragent, de veiller à orienter ces échanges vers des pays francophones.

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ΑΣΕΠ : http://www.asep.gr