L’EFFET RÉCRÉ

Théories évolutives de la propagation des idées

Théories évolutives de la propagation des idées - Image d'illustration

Voilà que nos classes sont devenues des brins d’ADN !

Des chercheurs (Riboli-Sasco, Eastes, Pellaud : 2005) ont démontré l’existence d’interactions entre élèves durant les récréations. En l’absence des adultes, les enfants communiquent dans un registre différent de celui imposé en cours. Ces interactions entre enfants peuvent avoir un intérêt, une utilité pédagogique.

Ces expériences reposent sur les théories évolutives du biologiste Dawkins qui a proposé en 1976 une approche darwinienne de la culture. Selon cette théorie, les interactions observées peuvent être modélisées comme des transferts d’unités d’information appelées « mèmes » (mots, concepts, explications, etc.), par analogie avec les gènes. C’est sur ce modèle que la diffusion de connaissances pendant la récréation scolaire a été étudiée.

Dans une école primaire, des cours ont été donné à des moitiés de classe. Un test portant sur la « matière » enseignée était ensuite administré à l’ensemble de chacune de ces classes. Lorsque ce test était organisé après une récréation, les résultats de la seconde moitié de chaque classe, constituée par les élèves qui n’avait pas suivi le cours, étaient systématiquement comparables à ceux des élèves qui avaient réellement suivi le cours. Fait troublant : les élèves ont déclaré ne pas avoir échangé d’informations au cours de la récréation.

Les conclusions de cette recherche sont que des mèmes à caractère spectaculaire et contre-intuitif peuvent être transmis pendant la récréation entre élèves d’une même classe.

Voilà que nos classes sont devenues des brins d’ADN !

Ces résultats devraient nous amener à ne pas sous-estimer l’importance de l’interactivité entre élèves pour susciter un intérêt et faire apprendre à communiquer.

Pour en savoir plus sur la mémétique, lire DAWKINS R., The selfish gene, Oxford University Press.

PS

En médaillon, une photo de Richard Dawkins

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique