Ne rien préparer, ne rien corriger soi-même !  - Image d'illustration

Pédagogie

Ne rien préparer, ne rien corriger soi-même !

Les pédagogues tombent plus nombreux que jamais d’accord sur le fait qu’en définitive, les laborieuses préparations de cours et les interminables corrections de copies ne conduisent à rien de bien positif ! En effet, les professeurs trop consciencieux ont tendance à dresser des tableaux explicatifs, des listes de mots difficiles, à préparer des synthèses de cours, alors que c’est justement en exécutant eux-mêmes ces travaux que les apprenants mémoriseraient plus facilement – en les organisant – les éléments qui constituent « la matière ».

Dans cette logique, le fait de revoir les productions écrites de nos élèves en en corrigeant les fautes constitue une erreur monumentale. Le professeur peut en souligner simplement les imperfections. Aux apprenants de trouver, seuls ou en équipe, la nature des erreurs et la façon de les corriger. Ce travail devrait être effectué en classe pour que l’enseignant puisse assister ses élèves dans leur quête du juste ;o)
D’activité d’évaluation, cette pratique (re)devient ainsi activité, plus utile, d’apprentissage.

Les profs qui aiment les sports extrêmes peuvent même aller jusqu’à ne pas souligner les faiblesses d’une production écrite : l’échange de copies entre élèves permet souvent d’en faire repérer les trois quarts au moins, et offre aux apprenants une occasion supplémentaire d’aiguiser leur sens critique ou de perfectionner leur pratique du fonctionnement de la langue.

Mais que voilà de bonnes nouvelles : moins le prof en fait, plus les apprenants en feront ! Une nouvelle application de la bonne vieille théorie des vases communicants qui devraient aider les enseignants des langues à trouver le temps qui leur manquait pour se concentrer sur la seule tâche qui doive en définitive être très soigneusement effectuée : celle qui consiste à sélectionner les documents authentiques sur lesquels les apprenants travailleront.

PS

Paru dans la revue mensuelle de la Panhellenic Federation of Language School Owners (PALSO) en avril 2002. Revu en 2016.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique