PÉDAGOGIE & CONCOURS ASEP

Les enfants « hyper-actifs »

Les enfants « hyper-actifs » - Image d'illustration

Les enseignants ont tous été confrontés au problème que constitue la présence, dans la classe, d’un élève qui ne tient pas en place, qui se lève à tout bout de champ et qui semble souvent ne pas vouloir adopter l’attitude de concentration sur le cours légitimement attendue.

Cet enfant, souvent taxé d’ « hyperactivité » ou d’ « hyper-kinésie », souffre en fait d’ « instabilité psychomotrice ». Cette instabilité se traduit à des degrés très divers

- par des troubles moteurs, le plus souvent une agitation quasi permanente et désordonnée,

- par des troubles de l’attention et

- par des troubles dans les contacts sociaux que manifestent notamment une impulsivité exagérée et la transgression fréquente des normes de comportement en classe.

Les scientifiques qui se consacrent à la recherche des causes de ces attitudes et comportements en sont toujours au stade des hypothèses : Se côtoient ainsi les explications neurologiques, biochimiques, génétiques et affectives.

L’instabilité psychomotrice peut apparaître dès l’âge de la marche ou seulement lors de l’entrée à l’école primaire. Les symptômes en sont l’hyperactivité, l’inattention apparente (en fait, il s’agit souvent d’une attention dispersée entre divers stimuli), l’impulsivité, l’excitabilité émotive (abaissement du seuil de résistance aux émotions, par exemple) et l’excitabilité physiologique (distraction par la moindre stimulation extérieure à l’activité d’apprentissage).

Les modes d’intervention sont divers et assortis au modèle d’explication donné à l’instabilité psychomotrice.

L’enseignant peut tenter d’adapter l’environnement scolaire aux particularités comportementales de l’élève « hyperactif »

- en redéfinissant clairement, avec l’ensemble de la classe concernée, quelques limites importantes que cet élève devra absolument ne pas outrepasser,

- en faisant adopter par l’ensemble des élèves une attitude plus tolérante vis-à-vis des écarts de comportement provoqués par l’instabilité psychomotrice et

- en mettant tout en œuvre pour permettre à cet enfant de recouvrer la confiance en soi qu’il a généralement perdu dès son premier contact avec le milieu scolaire.

Les actions inspirées par la pédagogie de contrat (passé entre tous les acteurs de la séance d’apprentissage) et par la pédagogie par objectifs (il est plus facile pour un enfant « hyperactif » de se concentrer sur des micro-objectifs, successivement poursuivis, un à un) seront ici de précieux soutiens.

Mais le plus souvent, un diagnostic précis doit être posé par un psychologue (Les descriptions des profils comportementaux des enfants « hyperactifs » et des enfants « surdoués », par exemple, présentent des dizaines de points communs !) qui proposera, le cas échéant et en accord avec les parents de l’enfant, une psychothérapie, une rééducation psychomotrice ou une consultation auprès d’un médecin spécialiste qui prescrira parfois la prise à long terme de médicaments légers. On ne doit pas craindre le recours à ces médicaments : ce serait mettre quelques éventuels effets secondaires réputés mineurs en balance avec le bonheur retrouvé d’enfants heureux de jouir enfin de l’équilibre psychomoteur indispensable à une poursuite sereine et réussie de leur parcours scolaire. Inutile de rapporter le bonheur également retrouvé des parents, des proches ... et des profs !

L’hyperactivité ou, en tout cas, les problèmes qu’elle engendre s’estompent de toute façon le plus souvent à la fin de l’adolescence.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique