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PÉDAGOGIE

De la dyslexie et des difficultés d’apprentissage à l’école

On ne sait toujours pas exactement ce qu’est la dyslexie. Une définition opératoire et provisoire de la dyslexie (si cette catégorie de troubles de l’apprentissage existe réellement) pourrait être : qualité d’une personne qui éprouve une fatigue anormale au moment de se livrer aux activités de lecture et/ou d’écriture. Mais on ne peut pourtant pas taxer avec certitude de dyslexie un enfant qui présente des difficultés d’apprentissage liées à ces activités. Comme d’ailleurs on doit relativiser l’importance réelle du rôle que jouerait quelque conformation cognitive particulière.

À titre d’exemple, l’histoire de cette jeune maman américaine qui voyageait en avion avec son jeune garçon, dyslexique notoire, incapable de lire plus de deux lignes de texte. Un quart d’heure après le décollage, saisi de bougeotte, le bambin s’empare d’un périodique trouvé dans le dossier d’un siège et en dévore toutes les pages. La maman qui n’en croit pas ses yeux demande au gamin de lui lire quelques phrases et celui-ci s’exécute sur un rythme à faire pâlir les meilleurs rappeurs de jalousie. Prise de panique, elle emmène son gosse chez le médecin. Dans le cabinet de ce dernier, le petit garçon à qui l’on présente un texte à lire ne pipe plus un mot. Après un long interrogatoire, on se rend compte que l’enfant a avalé une pilule contre le mal de l’air quelques minutes avant le décollage de l’avion. On redonne une de ces pilules à l’enfant et ce dernier recouvre sa compétence de lecture !!!

Non, on n’avait pas découvert le médicament contre la dyslexie… Tout simplement les médicaments contre le mal de l’air ont un léger effet soporifique ou même euphorisant qui libère du stress ceux qui l’ingurgite. Le petit garçon, libéré du stress qui l’envahissait habituellement chaque fois qu’il était obligé de lire en milieu scolaire, était arrivé à lire !

Plutôt que de donner un nom aux difficultés qu’éprouvent nos apprenants, évertuons-nous d’abord à créer autour d’eux une ambiance bienveillante qui leur permettra peut-être de surmonter leurs appréhensions voire même leurs difficultés.

En passant, signalons aux gens intéressés par la recherche sur la dyslexie, qu’une théorie récente voudrait que cette difficulté de traitement du discours écrit proviendrait entre autre … de la difficulté auditive qu’auraient éprouvé certains bébés à distinguer les phonèmes B et D ! Cette confusion aurait ensuite troublé ces mêmes enfants dans leur apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Certains souriront en pensant que cette théorie constitue une explication naïve de la confusion entre d et b classiquement observée chez les enfants dyslexiques. Et bien non : il existe bien une corrélation entre la dyslexie et une déficience très légère mais très caractéristique de l’ouïe.

De tout ceci le prof de langue retiendra au moins qu’il n’y a pas d’apprentissage de l’écrit sans oral ni d’apprentissage de l’oral sans écrit, n’en déplaise aux méthodes communicatives.

PS

Paru dans la revue mensuelle de la Panhellenic Federation of Language School Owners (PALSO) en novembre 2001.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique