PSYCHOLOGIE SOCIALE

Agressivité et agression

Agressivité et agression - Image d'illustration

Nous recommandons l’achat et la lecture de BEDARD L., DEZIEL J. & LAMARCHE L. (1999) – Introduction à la psychologie sociale. Vivre, penser et agir avec les autres. St-Laurent (Québec), Éditions du Renouveau Pédagogique Inc. Cet ouvrage peut entre autres aider les enseignants à mieux cerner encore les causes des comportements qu’ils observent, tant chez les apprenants que dans la salle des professeurs d’ailleurs, hi hi hi ! Le petit extrait qui suit (p. 257 du livre) concerne le problème de l’agressivité et de sa principale manifestation : l’agression. Dans le livre, de très nombreux exemples concrets illustrent ces considérations théoriques. Mais la place manque pour les reproduire dans ces colonnes. Bonne lecture !

L’agression est un comportement physique ou verbal, direct ou indirect, posé dans l’intention de blesser autrui. L’agression peut être hostile, lorsque le comportement est posé dans le seul but de blesser, ou instrumental, lorsque le fait de blesser n’est qu’une étape dans l’atteinte d’un autre but. De nombreuses explications des causes de l’agression ont été proposées.

Un premier groupe d’auteurs soutiennent que l’agression est causée par des phénomènes biologiques : des lésions au cerveau ou la stimulation de centres spécifiques du cerveau, l’effet des hormones sexuelles et la transmission génétique de la propension à agresser.

Deux approches très différentes par ailleurs, la psychanalyse de Freud et l’éthologie de Lorenz, voient en l’agression un comportement instinctif. Selon Freud, l’agression correspond à la pulsion de mort, tendance innée de l’être humain à chercher son propre anéantissement et celui des autres individus de son espèce. Pour Lorenz, l’agression est un comportement instinctif nécessaire à la survie, qui faciliterait l’acquisition de nourriture de même que la reproduction, la protection du territoire et de la progéniture.

Selon la théorie initiale de la frustration-agression, toute frustration entraîne une agression et toute agression est causée par une frustration. Cette formulation a été vivement critiquée, entre autres parce que la frustration n’entraîne pas toujours l’agression. On a avancé que la socialisation de l’individu et ses attributions détermineront sa réaction à la frustration. Leonard Berkowitz a proposé une reformulation de la théorie de la frustration-agression selon laquelle toute situation désagréable éveille en nous des affects négatifs qui génèrent la tendance à la fuite et la tendance à l’agression. Des facteurs individuels et des caractéristiques de la situation détermineront la force relative des deux tendances. Berkowitz a aussi avancé que certains indices de l’environnement, comme la présence d’une arme, favorisent l’agression.

D’autres chercheurs comme Bandura suggèrent que l’agression est le résultat d’apprentissages, que ce soit par le biais de renforcements ou par l’observation de modèles.

La plupart des recherches démontrent que l’écoute d’émissions de télévision violentes est associée à l’agression, bien que l’effet de la télévision soit somme toute assez limité. La consommation de pornographie, particulièrement de pornographie violente, est associée à des attitudes hostiles et d’agression envers les femmes.

L’hypothèse de la diminution de l’agression par catharsis ou par l’emploi de punitions n’a pas été confirmée par la recherche ; la récompense des comportements prosociaux est beaucoup plus efficace pour réduire l’occurrence des agressions.

PS

Extrait de : BEDARD L., DEZIEL J. & LAMARCHE L. (1999) – Introduction à la psychologie sociale. Vivre, penser et agir avec les autres. St-Laurent (Québec), Éditions du Renouveau Pédagogique Inc.