10 idées pour tout changer !

10 idées pour tout changer ! - Image d'illustration

1. Un soutien scolaire à la finlandaise :

Tous les jours et dans toutes les classes l’instituteur pourrait se concentrer sur les élèves en échec scolaire durant la dernière heure de classe, tandis que les autres avanceraient leurs devoirs. Cette mesure fonctionne très bien en Finlande. Une solution efficace pour les enfants en difficulté. De cette façon, même les élèves marginalisés et négligés auront droit à l’apprentissage. En focalisant l’intérêt sur ce point, on élèvera le niveau d’apprentissage puisque les inégalités vont s’équilibrer. En ce qui concerne la réalité grecque, et en particulier le système scolaire, cela fonctionne déjà (cours de soutien) mais son application aux écoles privées de langues (frontistiria) est jugée indispensable.

2. Ouvrir l’école pendant les vacances :

Il faut transformer les collèges et lycées en « centres de loisirs pour adolescents ». Une fenêtre ouverte sur la créativité, la musique, le théâtre, les sports… Des gymnases, des bibliothèques, des ordinateurs accessibles et vraiment utilisés. Autre avantage : soulager les mères qui travaillent et les familles modestes qui ne savent pas comment occuper leurs ados. L’exploitation du lieu de l’école en tant que pôle régulateur pendant les vacances va non seulement distraire les élèves mais les initier à la culture. Leur investissement dans des projets ou des activités va développer la dimension aptitude-intelligence et la dimension motivation-attitude et de plus, diminuer le taux de la criminalité juvénile, de la consommation de drogues, de la violence.

3. Un DRH (Directeur des Ressources Humaines) dans l’école :

Il faut appliquer à l’école les techniques du management de l’entreprise et faire du directeur d’établissement le véritable patron. L’absence d’encadrement et de guidage démotive les jeunes instituteurs. Des notions de gestion de carrière, de travail en équipe, d’évaluation, et de valorisation de l’enseignant constituent les clés de l’efficacité. Les professeurs eux-mêmes doivent trouver des débouchés à leurs difficultés, à leurs questions vu que le rôle des inspecteurs reste superficiel et inadéquat. Alors, à qui s’adresser ?

4. Une prime pour les profs des quartiers difficiles :

Plus un prof a de l’ancienneté, mieux il est payé et plus il a le choix de son affectation. Ce sont donc les profs sans expérience qui ont en charge les classes les plus difficiles, dans les zones qui sont les plus défavorisées. Enseigner au centre-ville ou en banlieue, c’est le jour et la nuit : trois fois plus de travail, de stress, de violence aussi…Il faut répercuter cette réalité sur le salaire en créant une prime pour les enseignants des zones les plus sensibles afin qu’on assure une meilleure qualité des conditions de vie et de travail.

5. Des psys à l’université :

Même si les jeunes instits sont très à l’aise avec la transmission des connaissances, la majorité d’entre eux est désarmée face à la gestion humaine d’une classe. Il est indispensable d’inculquer des méthodes très efficaces pour tenir un groupe aux futurs instits avant leur premier jour de classe. D’ailleurs, on ne nous apprend jamais à réagir face à un élève violent ou à mettre en rang des enfants. Quant à la question de la punition, c’est un véritable tabou ! Il est vrai que les futurs enseignants ne savent pas comment gérer une classe et comment faire face aux antisèches ou lors d’une bagarre entre des apprenants. Comment envisager un élève dont les parents sont absents ou indifférents ? Quelle collaboration avec les minorités ? Des questions qui entraînent des solutions urgentes !

6. Former les profs à la pédagogie existentielle :

La pédagogie existentielle, c’est tout simplement partir de ce qui intéresse vraiment les élèves pour arriver progressivement à un savoir plus officiel. Mais tous les enseignants font l’inverse.
On peut par exemple demander aux élèves d’évoquer les origines de leurs parents avant d’entamer le chapitre sur la colonisation. Ou parler d’une rupture amoureuse pour capter l’attention au début d’un cours sur la passion, en philosophie… Bref, ne pas commencer par Voltaire, mais trouver un chemin pour arriver à Voltaire ! L’insertion de la vie quotidienne réelle dans la classe crée une atmosphère plausible. Favoriser l’implication des élèves dans la procédure de l’enseignement pour produire l’effet voulu. Pour rendre la participation active, se référer au vécu, c’est la réponse.

7. Une école black, blanc, beur :

La question épineuse de l’immigration qui entre aussi dans la classe et pose des dilemmes aux profs incapables de gérer la mixité sociale. Des injures raciales, insultes ou des phrases comme ’’sales chrétiens’’…
Solution : réintroduire la mixité sociale en mélangeant les enfants d’origines diverses. Un enseignement multidimensionnel et une formation propre élimineraient les inégalités.

8. Passe l’oral d’abord :

Faire de l’expression orale une matière principale. Être bon à l’oral ne demande pas de « prérequis » social ou culturel. À l’oral, tout le monde peut être valorisé, même les élèves en échec dans les matières purement théoriques. Bien s’exprimer est une qualité devenue fondamentale dans l’entreprise et dans la société. L’oral peut donc révéler des potentiels tués par l’enseignement trop théorique. Pratiquer la langue, parler en langue étrangère, apprendre à communiquer, c’est le but et le besoin de notre époque. Du reste, on peut mettre en valeur la compréhension orale comme la production orale.

9. Une année d’apprentissage pour tous :

Instaurer une année d’apprentissage sur le terrain, entre 14 et 18 ans, à l’âge ou se pose la question de l’orientation. Cela obligerait chacun à « mettre les mains dans le cambouis », mêmes les futures élites. Ainsi, la valeur du travail gagnerait sa propre place. On pourrait conseiller les parents aussi et faire venir des spécialistes.

10. La philo pour tous :

Les enfants sont pleins de questionnements métaphysiques et ils ont moins de préjugés. La philo permet de former le sens critique et de mieux recevoir les autres matières. Comment ? C’est très simple de faire réfléchir un enfant : à partir de l’histoire d’un élève qui a perdu son chien, on introduit la réflexion philosophique sur la mort. La philo, c’est donner la parole, sortir du ghetto social… Appliquer cette stratégie dans d’autres matières par le biais du vécu ou des histoires proches au niveau et à l’âge des apprenants aura les résultats souhaités. Ainsi, on éveille l’intérêt pour le savoir et le savoir-apprendre.

L'auteur de cet article

Vassiliki Boltsi