4.2.5 Épreuve orale (deuxième partie)

4.2.5  Épreuve orale (deuxième partie) - Image d'illustration

Suite de la présentation critique d’un instrument d’évaluation mis en œuvre en Grèce (en l’occurrence, les examens Examens Examens de français du PALSO) pour l’octroi d’une certification en langue française, mémoire de DEA – Sciences du langage, Université de Mons-Hainaut, 1998.

L’épreuve orale (deuxième partie), réservée aux examinés du niveau certificat, consiste en une conversation à partir de document à caractère hautement iconique entre les candidats (examinés deux par deux) et deux examinateurs.

Ces examinateurs sont sélectionnés en fonction de leurs compétences de communication en langue françaises (Ils sont souvent francophones natifs) et sont dans l’obligation de participer chaque année à des séminaires au cours desquels

- une cassette vidéo comportant au moins un enregistrement d’épreuve orale est visionnée,

- l’interprétation à donner aux critères réunis dans la grille d’évaluation est présentée et discutée,

- des passations d’examen expérimentales sont organisées et évaluées par tous les participants (Ces derniers comparent entre eux les notes qu’ils attribuent à chacun des élèves testés et réajustent leur interprétation des critères d’évaluation et leurs techniques de mesure).

Tout a donc été fait pour que le rôle que pourrait jouer l’identité des examinateurs sur le score d’un candidat soit insignifiant. Une influence de faible importance a pourtant été mesurée infra .

4.2.5.1 Modalités de passation

Les examinateurs ont à leur disposition un matériel d’examen composé

- de 2 x 5 feuilles intitulées « FEUILLE DESTINÉE AUX CANDIDATS » (images et/ou photos),

- d’une « FEUILLE DESTINÉE AUX EXAMINATEURS » réunissant quelques propositions de consigne de départ,

- de 2 « GRILLES D’ÉVALUATION Évaluation Évaluation des apprentissages, des savoirs et/ou des compétences de communication en langue étrangère et plus particulièrement en Fle.  » (une par candidat) et

- de 2 « FICHES D’ÉVALUATION Évaluation Évaluation des apprentissages, des savoirs et/ou des compétences de communication en langue étrangère et plus particulièrement en Fle.  » informatisées sur lesquelles sont repor-tés les résultats de chacun des 2 candidats.

Un exemplaire d’une même « FEUILLE DESTINÉE AUX CANDIDATS » est remis à chacun des 2 candidats dès leur entrée dans la salle d’examen.

Cette « FEUILLE DESTINÉE AUX CANDIDATS » doit simplement constituer un déclencheur de parole ; elle peut donc aussi être utilisée pour examiner d’autres candidats. Cependant, les examinateurs veillent à ce que la consigne de départ proposée à chaque groupe de candidats ne soit pas la même ; on évite ainsi de voir des élèves sortant de la salle d’examen aider ceux qui vont y entrer . Voilà pourquoi, d’ailleurs, plusieurs consignes de départ sont proposées sur la « FEUILLE DESTINÉE AUX EXAMINATEURS »

Il va de soi que les candidats n’ont en main que la « FEUILLE DESTINÉE AUX CANDIDATS ».

Les examinateurs ne prennent la parole que

- pour encourager les candidats à parler,

- pour les débloquer quand c’est nécessaire,

- pour les remettre sur la voie proposée par la consigne.

L’un des examinateurs

- relève les performances de chaque candidat,

- les note sur les grilles d’évaluation respectives et

- intervient pour donner aux candidats l’occasion de manifester telle ou telle capacité, mentionnée sur la grille d’évaluation mais qu’il n’a pas encore pu estimer.

À la fin de l’examen, les candidats sortent et les examinateurs revoient ensemble les notes attribuées avant de les reporter sur la fiche d’évaluation informatisée.

Exemples de propositions de consigne de départ :

« Regardez ces photos et/ou ces images. Est-ce qu’il y en a une qui vous rappelle quelque chose, qui vous fait penser à une expérience que vous avez vécue dans le passé ? »

« Regardez les photos et/ou les images rassemblées sur cette page. Est-ce que vous pourriez être une des personnes que vous voyez ? »

« Est-ce que ces photos et/ou ces images vous donnent envie de faire des pro-jets ? Lesquels ? »

4.2.5.2 Critères d’évaluation

Les objectifs opérationnels d’évaluation sont au nombre de 20. Ils ont été artificiellement regroupés en quatre catégories pour des raisons pratiques .

En voici une liste commentée :

1. Il/elle (mis pour le/la candidate) sait se référer à un sujet de conversation.

2. Il/elle a la capacité de parler sur un sujet quelques instants

3. Il/elle donne des informations sur le sujet

4. Il/elle exprime son opinion, ses idées sur le sujet

5. Il/elle peut formuler une proposition en rapport avec le sujet

6. Il/elle sait s’adresser à son interlocuteur

7. Il/elle peut demander de reformuler ce qu’elle n’a pas compris

8. Il/elle peut reformuler ce qu’il/elle a dit si ce n’était pas clair pour l’interlo-cuteur

9. Il/elle défend son opinion, il/elle argumente.

10. Il/elle participe à l’interaction.

11. Il/elle maîtrise les micro-systèmes de référence à soi-même, à l’interlocuteur ou à un tiers.

12. Il/elle localise avec précision dans le temps et dans l’espace

13. Son discours est élaboré (subordonnées, adverbes moins communs)

14. Il/elle peut rapporter un événement, un discours

15. Il/elle ne réalise que des actes attendus ou autorisés

16. Il/elle prononce correctement en respectant les sons/intonations du français

17. Il/elle utilise les formes convenables (personne, temps et modes verbaux, marques du genre)

18. Il/elle maîtrise les structures grammaticales de base (indicatif/subjonctif)

19. Il/elle dispose d’un vocabulaire suffisant et précis

20. Il/elle évite les interférences et les faux-amis.

Le classement artificiel qui a été opéré de ces critères en quatre catégories (capacité de se référer à un sujet, compétence communicationnelle, capacité de rattrapage, compétence linguistique) sur la grille d’évaluation est manifestement artificiel dans la mesure où beaucoup d’entre eux peuvent appartenir simultanément à deux ou trois d’entre elle.

Ainsi, par exemple, le fait de reformuler ce qui semble ne pas voir été bien compris est autant une compétence de communication qu’une capacité de rattrapage, et la mise en oeuvre de cette compétence passe nécessairement par la capacité de se référer au sujet et le développement de compétences proprement linguistiques.

Voir en ligne

Palso : http://www.palso.gr

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique