Films français sous-titrés en français ? - Image d'illustration

DIDACTIQUE

Films français sous-titrés en français ?

Il existe, à l’adresse http://www.filmfra.com, un site qui propose le visionnement en ligne (streaming) et/ou le téléchargement gratuit de films français sous-titrés en français. On lit sur la page d’accueil du site qu’il s’agit de la méthode « la plus efficace » pour l’apprentissage des langues.

Certes, la lecture et ou l’écoute de dialogues en français peuvent contribuer à l’apprentissage de la langue de Molière. Mais le spectacle d’un film français sous-titré en français ne me paraît pas constituer la meilleure stratégie pour faire développer, par exemple, la compétence de compréhension de l’oral. En effet, il est plus que probable qu’au lieu de se concentrer sur cet « oral », les apprenants se livreront au seul décodage du discours écrit, celui des sous-titres. Ils développeront donc une tout autre compétence langagière [1] et ne bénéficieront en outre plus au même degré de l’aide que pouvaient apporter les informations extralinguistiques fournies par le spectacle des images.

Par ailleurs, le spectacle d’un film entier me paraît plus constituer une activité d’évaluation de la compétence de compréhension, qu’une activité d’apprentissage, de développement de cette même compétence. Ne vaudrait-il pas mieux travailler sur des séquences beaucoup plus courtes, de façon à pouvoir les visionner plusieurs fois, à les « travailler » de diverses manières ?

La projection d’un long métrage peut constituer une activité ludique, gratifiante, motivante. C’est pour cela qu’elle ne doit pas être proscrite. Mais que l’enseignant ne se leurre pas : le bénéfice aux plans des apprentissages proprement dits sera faible. À ne pas organiser trop souvent donc. Quant aux sous-titres, il vaut mieux s’abstenir d’en proposer, qu’ils soient en langue-cible ou en langue première.
L’utilisation de courtes séquences, pêchées sur Youtube par exemple, devraient permettre un développement de la compétence de réception de l’oral beaucoup plus efficace.

PS

Les sous-titres affichés sur la photo ne sont pas en français, mais en ch’ti. Histoire de sourire !

Notes

[1Le fait qu’une autre compétence soit développée n’est bien entendu pas négatif en soi mais, souvent, enseignants et apprenants ne prennent absolument pas conscience du fait qu’ils n’ont finalement pas cultivé du tout la compétence de compréhension d’un discours oral.

L'auteur de cet article

Olivier Delhaye –  Didacticien - Université Aristote de Thessalonique