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A quoi sert la dictée ?

La dictée fait depuis toujours partie de l’apprentissage du FLE dans les écoles en Grèce. Elle est (ou était, j’espère !) considérée comme la seule manière par laquelle l’élève peut apprendre du vocabulaire et comme un moyen d’évaluation (facile à préparer et à corriger). Mais elle est aussi souvent présente dans les cours particuliers ou dans les frontistiria. Là, outre qu’elle aide à l’apprentissage du vocabulaire, elle rassure le directeur ou plutôt les parents en leur prouvant que les cours avancent !!!

Mais à quoi sert la dictée ? Quelle est sa place dans un cours de français ?

Puisque la dictée est présente dans la vie réelle, elle doit l’être dans nos cours. Mais pas de cette manière (dictée de mots appris), pas tous les jours, pas pour ces raisons.

Qu’est-ce que c’est la dictée ? Qu’est-ce qu’on nous dicte dans la vie ?
- des nombres (nos de téléphone, horaires des trains / des bus, heures d’ouverture / de fermeture…)
- des adresses (électroniques ou pas)
- des noms (de villes, de personnes… il est souvent nécessaire de les épeler dans ce cas-là)
- etc.

Pourquoi dès lors dicter le dialogue de la page x d’un manuel et non ces infos qu’on sera bel et bien appelé à noter un jour ? Une activité de dictée pourrait être, par exemple :

- Vous faites la connaissance d’un garçon français pendant vos vacances à Santorin et vous lui demandez son e-mail et son adresse. Il vous les communique. Notez-les !

- Votre correspondant français vient d’arriver en Grèce. Il vous appelle sur votre portable pour vous donner le téléphone de l’hôtel où il séjourne. Vous le notez !

- etc.

Cette sorte de dictée est tout à fait justifiée dans le cadre de l’apprentissage d’une langue.

Il y aura des profs qui s’y opposeront en posant la question : « Et comment l’élève apprendra à écrire correctement les mots appris ? » La réponse est simple : en les utilisant le plus souvent possible !

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Cette année, j’enseignais dans des écoles primaires. Je n’y ai jamais dicté un seul mot. Malgré cela, à la fin des cours, les apprenants pouvaient écrire correctement (ou presque) plus de mots que je le croyais ! Et je l’ai constaté par hasard, quand, pendant le dernier cours, ils avaient écrit tout ce qu’ils voulaient au tableau !!!

D’autres profs soutiennent qu’ils utilisent la dictée tout simplement pour ne pas avoir de problèmes avec les parents qui s’y sont habitués (à cause des habitudes acquises lors de l’apprentissage de l’anglais). Ce que je répondrais à ces profs, c’est que tout est question de stratégie :

- Il faut expliquer aux élèves, aux parents, au directeur, pourquoi on n’écrit pas de dictée et comment on apprend le vocabulaire. On peut aussi se référer au programme analytique du ministère et l’interpréter de la manière qui nous convient.

- Et pour que les parents soient assurés que les cours avancent, il faut insister pour que les élèves soignent leur cahier (conseil précieux de Mme Anastasia Sidiropoulou). Personnellement j’ai décerné, à la fin de chaque trimestre, des diplômes à tous les élèves qui y écrivaient toujours la date et leurs devoirs.

Pour conclure, la dictée « classique », telle qu’elle était décrite au tout début de l’article, est une perte de temps et elle décourage les élèves. Dans les écoles où j’enseignais, les élèves de l’allemand enviaient ceux qui suivaient les cours de français ! Devinez pourquoi !

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L'auteur de cet article

Athina Daraviga –  Professeur de français